Villes vertes

Dans un contexte environnemental préoccupant, la végétalisation des espaces urbains connaît, depuis quelques années, un succès croissant. Toitures, murs, jardins partagés, potagers collectifs… Aujourd’hui, l’invasion de la nature s’impose comme une manière de rendre les villes plus accueillantes et moins énergivores.


Lutter contre la pollution, augmenter la biodiversité, multiplier les coins d’ombre, rafraichir l’air…  les enjeux écologiques de la végétalisation des villes sont encore plus nombreux que ses attraits esthétiques. Destinée à préserver la qualité de l'air, la création d’îlots de verdure, qu’ils soient placés sur une façade, sur une toiture ou au cœur d’un quartier sous forme de potagers, de jardins ou de parcs, apporte de l'oxygène et retient la poussière et la pollution. Sans parler des bienfaits sur la santé humaine et le bien-être… Car c’est prouvé, les espaces verts améliorent la qualité du cadre de vie et l’attractivité des villes ! Autre avantage : la végétalisation modifie la perception du bruit et atténue les ambiances sonores urbaines. Enfin, en cas de pluie, une partie de l’eau est absorbée par les plantes, tandis que l’autre est rejetée dans l’atmosphère par évaporation, ce qui permet de réduire les risques d’inondations urbaines.


Toitures et murs végétalisés

Davantage développé dans le nord de l’Europe et en Allemagne que chez nous, le concept des toitures végétalisées n’est pas nouveau. Sept siècles avant J-C, Babylone possédait déjà des jardins suspendus faits de plafonds végétaux et de murs naturels… Effet de mode, alors ? Non. Car depuis bien longtemps, les toitures recouvertes d’herbes et de plantes tirent leur succès des nombreux avantages qu’elles présentent.

Alternative parfaite aux toitures classiques, elles peuvent accueillir un grand nombre de végétaux (sédums, plantes herbacées, grasses ou de rocaille) qui changeront d'aspect au fil des saisons et de leur floraison. Isolant thermique, ce type de toiture permet également, de par sa couche supplémentaire posée sur un bâtiment, de réduire significativement les nuisances sonores urbaines et aériennes. Enfin, elle prolonge la durabilité de la membrane du toit.

Quant aux murs végétaux, ils donnent véritablement vie aux espaces intérieurs et extérieurs ! Décoratifs et écologiques, ils sont la parfaite alternative à l’invasion de briques dans la ville, car avec toute la surface qu’ils représentent en milieu urbain, leur végétalisation est une solution idéale pour la recolonisation des villes par la nature !


Anger, ville la moins polluée de France

Le bon élève français, c’est Anger, ville championne de la verdure en ville. Anger mise non seulement sur la mobilité douce, mais aussi sur l’aménagement de lieux végétalisés en ville... Avec pas moins de 100 m² d'espaces verts par habitant, soit 14% de la surface totale de la ville, cette moyenne représente le double de la moyenne nationale ! Jardinières installées sur la voirie, parcs naturels avec des vaches en plein cœur de la ville… Les autorités d’Anger multiplient les actions innovantes pour faire de la ville une destination touristique éco-responsable. Cela, évidement, a un coût, puisque 3,5 % du budget communal est destiné à ces espaces verts, soit le double de la moyenne nationale. La cerise sur le gâteau ? L’entretien et la création de ces espaces ne s’effectuent qu’à l’aide de produits biologiques, ce qui permet à tous, surtout aux enfants, de profiter pleinement de ces poumons naturels, garantis sans produits chimiques.


Et en Belgique ? Les permis de végétaliser !

Namur, Dinant, Liège… Les communes désireuses d’inciter ses habitants à la végétalisation sont de plus en plus nombreuses en Belgique. Depuis quelques années, afin de soutenir les citoyens qui souhaitent prendre part activement au développement de la nature dans leur rue ou dans leur quartier, certaines villes ont lancé le permis de végétaliser.

Ce permis définit les règles qui régissent la végétalisation dans l'espace public ; les demandeurs doivent à signer une charte par laquelle ils s'engagent à jardiner dans le respect de l'environnement, à choisir des végétaux adaptés et à entretenir leur installation. Grâce au permis de végétaliser, vous pourrez, avec vos voisins, installer une jardinière au coin de votre rue, investir un pied d’arbre, faire courir des plantes grimpantes le long de votre façade ou encore, semer des fleurs aux pieds des arbres… La Ville de Namur va encore plus loin en mettant à disposition les jardinières et les vasques, le terreau et les plantes, tandis que le citoyen s’engage à participer à la plantation en collaboration avec les services communaux ! Par la suite, il assume seul l’entretien et avertit de tout problème ou dégradation pouvant survenir. Et ces permis ont le vent en poupe ! En juin dernier, par exemple, la Ville de Liège a délivré 29 demandes de permis de végétaliser pour des installations diverses au cœur de la cité ardente.


Un potager urbain à Nivelles

Pas encore de permis de végétaliser à Nivelles, mais en 2011, de la Ville, en collaboration avec plusieurs associations locales et des habitants du quartier, a créé un jardin partagé dans le quartier Sainte-Barbe. Selon le Guichet Social, qui à l’initiative du projet, l’objectif est d’initier une dynamique participative dans le quartier. Îlot de verdure dans la ville, le jardin est aussi à la base de nombreux autres projets sur des thèmes aussi variés que les habitudes alimentaires, la gestion d’un budget, le travail en groupe, l’échange d’expérience, etc. En cette fin d’année 2018, un hôtel à insectes sera construit, et lors de la préparation du jardin pour l’hivernage, une soupe sera cuisinée et dégustée… Bref, le jardin, au fil des animations, devient un véritable lieu de partage et de rencontres !


Melissa Collignon

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